Sahara occidental : les dessous du démantèlement du réseau d’AQMI

Un vaste et spectaculaire coup de filet des services de sécurité marocains a permis de démanteler hier une cellule terroriste active à 20 kilomètres d’Amghala, une oasis du Sahara occidental.

Si la prise effectuée par les Marocains n’étonne pas dans les circonstances actuelles, l’ampleur du réseau terroriste composé de 27 personnes ainsi que la quantité des armes découvertes dans trois caches témoignent des capacités renouvelées d’AQMI ainsi que de la volonté de la franchise locale d’Al Qaïda de déstabiliser la région. Pourtant, il y a quelques semaines, deux opérations menées par les armées maliennes et mauritaniennes avaient porté un coup sévère aux structures d’AQMI au Sahel. En effet, plusieurs combattants et trafiquants ont été tués ou appréhendés à la frontière entre le Mali et la Mauritanie. Certains d’entre eux-dont les têtes du réseau- étaient des sahraouis issus du front indépendantiste du Polisario et ayant fait allégeance à Al Qaïda. Le Maroc qui en différentes occasions avait alerté la communauté internationale sur la dérive terroriste de certains éléments du Polisario et qui a été accusé notamment par l’Algérie de « surenchère médiatique » vient de découvrir, à ses dépens, que le Sahara occidental n’est plus à l’abri des activités d’AQMI. D’après des sources bien informées à Rabat, les péripéties du camp de Gdem Izik près de Laâyoune ont conforté les autorités chérifiennes dans leur certitude de l’imminence d’un grand coup qui serait fomenté par AQMI. Le Sahara occidental demeure une option séduisante pour les terroristes, notamment parce que très peu peuplé et surtout sillonné par des commerçants en tous genres. Les services de renseignements chérifiens, d’après les mêmes sources, ont réussi à infiltrer plusieurs groupuscules de trafiquants qui s’activent entre le Mauritanie, la région de Tindouf et le Sahara occidental. Ceci leur a permis de porter un coup sévère à ce réseau qui venait de s’installer à Amghala, bourgade située à 220 kilomètres de Laâyoune, la plus grande ville du Sahara.

le redéploiement d’AQMI conforte les thèses américaines sur l’impossibilité pour la région d’avoir des « failed states » (états très faibles, à l’image de la Guinée Bissau), ainsi que le besoin de lutter plus efficacement contre les sources de financement d’AQMI.

Maghreb Intelligence

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